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 La guerre de cent ans: la bataille de Crécy en ponthieu

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Carlos
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MessageSujet: La guerre de cent ans: la bataille de Crécy en ponthieu   Mer 6 Sep - 1:55

LA BATAILLE DE CRECY EN PONTHIEU 25 août 1346


les passages en jaune sont en moyen-francais, c'est à dire le francais que l'auteur parlait au 14eme siècle ( si vous avez aimé "les visiteurs",oubliez : voilà la véritable langue de l'époque )
c'est donc un peu difficile à lire mais je crois que respecter la forme de l'époque apporte beaucoup !
si vous avez des questions sur les mots que vous ne comprenez pas, je suis disonible ( c'est normal, il y en a plein que je ne comprenais pas non plus !)

Après le désastre de l’Ecluse (1340) et l’anéantissement de la flotte Française, il est évident que pour longtemps le conflit se déroulera sur le sol Français.
Avec la Bataille de Poitiers, Crécy est sans doute la plus célèbre bataille du Début de la guerre de cent ans. C ‘est dix ans avant Poitiers, la première grosse déculottée française en bataille rangée. Comme à Poitiers, les forces françaises sont pourtant largement supérieures en nombre, mais les Anglais sont alors hommes d’expérience et leur archerie décisive. Il faudra au français ces deux désastres pour enfin prendre soins d’éviter ce type d’importante rencontre ou les Anglais leurs sont systématiquement supérieurs. Avec Charles V (1364-1380 ) et Duguesclin, la France initiera une stratégie faite d’escarmouches dispersées et de rencontres « mineures » qui seront seules capables d’enrayer les chevauchées anglaises. les atouts économiques et démographiques de la France useront une armée anglaise brillante mais qui ne trouvera plus d’adversaire en face ( jusqu'à Azincourt 1415, ou la stratégie payante de la France sera comme oubliée et le désastre à nouveau au bout du chemin )

La retranscription de Crécy est un choix peu original et de nombreuses narrations circulent déjà dans des publications aisément trouvables. Mais après Poitiers, et avant de vous soumettre si vous le désirez des extraits plus rares, il me semble important de visiter les « classiques » même si certains connaissent déjà de façon approfondie le déroulement de cet engagement. Je pense à ceux qui ont lu sur ce sujet sans toutefois bénéficier des récits de l’époque.

Je serais bref sur le contexte immédiat : Edouard III ravage la Normandie durant tout l’été 1346 sans que Philippe (VI) de Valois (père de Jean le bon) ne fasse mine de s’y opposer ; quand Edouard fait route pour rejoindre le nord de la France pour rembarquer, Philippe bouge enfin et rassemble des forces importantes a sa poursuite. Edouard se sentant serré de près décide d’attendre l’armée française sur un terrain reconnu prés de Crécy en Ponthieu. L’armée anglaise quoique que très inférieure en nombre, va affronter bien nourrie et reposée, une armée « échauffée » par une journée de marche. D’après Froissart, l’idée initiale des français était d’attendre le lendemain pour livrer bataille
Mais les forces françaises dispersées et étirées en une longue colonne pour la marche vont souffrir d’un excès d’orgueil et d’un malentendu qui va précipiter l’engagement…

La retranscription commence par le retour auprès du roi de France des éclaireurs ( dont messire de Basele), qui viennent de découvrir l’ost anglais :

« Sire, ce dit le Moine de Basele, je parlerai puisqu’il vous plaît, sous la correction de mes compagnons. Nous avons chevauché ; si avons vu et considéré le convenant des Anglois. Sachez qu’ils sont mis et arrêtés en trois batailles, bien et faiticement, et ne font nul semblant qu’ils doivent fuir, mais vous attendent, à ce qu’ils montrent. Si conseille de ma partie, sauf toujours le meilleur conseil, que vous fassiez toutes vos gens arrêter sur les champs et loger pour cette journée ; car ainçois que les derniers puissent venir jusques à eux, et que vos batailles soient ordonnées, il sera tard ; si seront vos gens lassés et travaillés et sans arroy, et vous trouverez vos ennemis frais et nouveaux et tous pourvus de savoir quelle chose ils doivent faire ; si pourrez le matin ordonner vos batailles plus mûrement et mieux, et par le plus grand loisir aviser vos ennemis par lequel lez on les pourra combattre ; car soyez tout sûr qu’ils vous attendront. »
Ce conseil et avis plut grandement bien au roi de France ; et commanda que ainsi fût fait que le dit moine avoit parlé ; Si chevauchèrent les deux maréchaux, l’un devant, l’autre derrière, en disant et commandants aux bannerets : « Arrêtez bannières, de par le roi, au nom de Dieu et de monseigneur Saint Denis. » Ceux qui étoient premiers, à cette première ordonnance s’arrêtèrent, et les derniers non, mais chevauchèrent toujours avant ; et disoient qu’ils ne s’arrêteroient point jusques à ce qu’ils fussent aussi avant que les premiers étoient. Et quand les premiers véoient qu’ils les approchoient, ils chevauchoient avant : ainsi par grand orgueil et par grand boubant fut démenée cette chose : car chacun vouloit surpasser son compagnon ; et ne pût être crue ni ouie la parole du vaillant chevalier : dont il leur meschéy si grandement comme vous orrez recorder assez brièvement. Ni aussi le roi ni ses maréchaux ne purent être maître de leurs gens, car il y avoit si grand nombre de grands gens, que chacun vouloit là montrer sa puissance.
Si chevauchèrent en cet état, sans arroy et sans ordonnance, si avant qu’ils approchèrent leurs ennemis et qu’il les véoient en leur présence. Or fut moult grand blâme pour les premiers, et mieux leur valist être ordonné à l’ordonnance du vaillant chevalier que ce qu’il firent ; car sitôt qu’ils virent leurs ennemis, ils reculèrent tout à un faix, si désordonnément que ceux qui dérrière étoient s’en ébahirent, et cuidèrent que les premiers se combatissent et qu’ils fussent jà déconfits ; et eurent adonc bien espace d’aller devant, s’ils vouldrent ; de quoi aucuns y allèrent, et aucuns se tinrent tous cois.

Après cette approche involontaire et plus qu’hasardeuse, la disposition des Anglais et le début de la bataille :

Les Anglois qui ordonnés étoient en trois batailles, et qui séoient jus à terre tout bellement, sitôt qu’ils virent les François approcher, ils se levèrent moult ordonnément, sans nul effroi, et se rangèrent en leurs batailles, celle du prince tout devant, leurs archers mis en manière d’une herse, et les gens d’armes au fond de la batailles. Le comte de Norhantonne et le comte d’Arondel et leur bataille, qui faisoient la seconde, se tenoit sur aile bien ordonnément, et avisés et pourvus pour conforter le prince, si besoin étoit. Vous devez savoir que ces seigneurs, rois, ducs, comtes, barons françois ne vinrent mie jusques là tous ensemble, mais l’un devant, l’autre derrière, sans arroy et sans ordonnance. Quand le roi Philippe vint jusques sur la place ou les Anglois étoient près de là arrêtés et ordonnés, et il les vit, le sang lui mua, car il les héoit ; et ne fut adonc nullement refrené ni abstenu d’eux combattre ; et dit à ses maréchaux « Faites passer vos Gennevois devant et commencer la bataille, au nom de Dieu et de monseigneur saint Denis .» là avoit de ces dits Gennevois arbalétriers, environs quinze mille qui eussent eu aussi cher néant que commencer adonc la bataille ; car ils étoient durement las et travaillées d’aller à pied ce jour plus de six lieues, tous armés et de leurs arbalètres porter ; et dirent adonc à leurs connétables qu’ils n’étoient mie adonc ordonnés de faire grand exploit de bataille. Ces paroles volèrent jusques au comte d’Alençon, qui en fut durement courroucé et dit « On se doit bien charger de telle ribaudaille qui faillent au besoin. »
Apparaîssent a ce moment des évènements météorologiques étranges et des signes qui font penser que le mauvais œil plane sur la bataille (Froissart invente sans doute un peu) :

« Entrementes (…) descendit une pluie du ciel, si grosse et si épaisse que merveilles, et un tonnerre et un esclistre (eclipse) moult grand et moult horrible. Paravant cette pluie, pardessus les batailles, autant d’un côté que d’autre, avoit volé si grand’foison de corbeaux que sans nombre, et demené le plus grand tempêtis du monde. Là disoient aucuns sages chevaliers que c’étoit un signe de grand’bataille et de grand’effusion de sang. »
Les Gênois avancent finalement, défiant par leurs cris les Anglais qui restent impassibles. Dans l’échange de tirs qui suit, les Anglais font pleuvoir des traits qui déconfissent rapidement les arbalètriers qui refluent ; Philippe réagit assez radicalement :

« le roi de France, par grand mautalent, quand il vit leur povre arroy, et qu’ils déconfissoient ainsi, commanda et dit : « Or tôt, tuez toute cette ribaudaille, car ils nous empêchent la voie sans raison. » Là vissiez gens d’armes en tous lez entre eux férir et frapper sur eux, et les plusieurs trébucher et choir parmi eux, qui oncques ne se relevèrent. Et toujours traioient les anglois en la plus grand’presse, qui rien de perdoient de leurs traits ; car ils empalloient et féroient parmi le corps ou parmi les membres gens et chevaux qui là chéoient et trébuchoient à grand meschef ; et ne pouvoient être relevés, si ce n’étoit par force et grand’aide de gens. Ainsi ce commença la bataille entre la Broye et Crécy en Ponthieu ce samedi à heure de vespres. »

Un passage assez émouvant de la bataille : Le roi de Bohème, aveugle, est présent côté Français. Il demande bientôt à ses proches la manière dont se déroule la bataille. Ceux-ci lui confient qu’elle s’engage en vérité assez mal. Il appelle alors sont fils le roi d’Allemagne, et on lui répond qu’il est déjà probablement au cœur de la mêlée. Le roi de bohème fait alors cette demande :

« Seigneurs, vous êtes mes hommes, mes amis et mes compagnons ; à la journée d’huy je vous prie et requiers très espécialement que vous me meniez si avant que je puisse férir un coup d ‘épée. » et ceux qui de-lez lui étoient, et qui son honneur et leur avancement aimoient, lui accordèrent. Là étoit le Moine de Basele à son frein, qui envis l’eût laissé ; et aussi eussent plusieurs bons chevaliers de la comté de Luxembourc qui étoit tous de lez-lui : si que, pour eux acquitter et qu’ils ne le perdissent en la presse, ils se lièrent par les freins de leurs chevaux tous ensemble, et mirent le roi leur seigneur tout devant pour mieux accomplir son désir, et ainsi allèrent sur leurs ennemis. »
Le roi d’Allemagne fuit finalement peu après le début du combat mais…

« (…) Ce ne fit mie le bon roi son père, car il alla si avant sur ses ennemis que il férit un coup d’épée, voire trois, voire quatre et se combattit moult vaillamment ; et aussi firent tous ceux qui étoient pour l’accompagner ; et si bien le servirent ; et si avant se boutèrent sur les anglois que tous y demeurèrent, ni oncques nul ne s ‘en partit ; et furent trouvés lendemain sur la place autour leur seigneur et leurs chevaux tous alloiées ensemble. »
La bataille tournant à la franche déconfiture, on conseille à Philippe de se « retraisser » et de se mettre « à sauveté » : ce qui lui fera effectivement échapper au sort de son fils Jean à Poitiers. On lui donne un coursier par lequel il échappe à la bataille et à la prise

Du côté Anglais, le jeune Prince de Galles, futur vainqueur de Poitiers, s’illustre au milieu de la mêlée. Un chevalier anglais -messire thomas- vient alerter le roi Edouard sur le danger que court son fils en première ligne. La réponse d’Edouard III :

« Messire Thomas, mon fils est-il mort, ou atteré ou si blessé qu’il ne se puisse aider ? » cil répondit « Nennin, monseigneur, si Dieu plaît ; mais il est en dur parti d’armes ; si auroit bien méstier de votre aide. »- « Messire Thomas, dit le roi, or retournez devers lui et devers ceux qui vous ont envoyés et leur dites, de par moi, qu’ils ne m’envoient mes-huy requerre, pour aventure qui leur avienne tant que mon fils soit en vie ; et leur dites que je leur mande qu’ils laissent à l’enfant gagner ses éperons ; car je veux, si Dieu l’a ordonné, que la journée soit sienne, et que l’honneur lui en demeure et à ceux en quelle charge je l’ai baillé. »
Froissart déplore comme à chaque fois le nombre de grands seigneurs qui gisent sur le champ de bataille et en cite un grand nombre. Grand amateur de hauts faits, il déplore également (et c’est exceptionnel ) que Crécy fut une bataille relativement pauvre en hautes prouesses d’armes, ce dont il excuse les Français (Sic ! merci) qui ont commencé la bataille fatigués d’une longue marche et la lumière du soleil couchant dans la tronche. Il reviendra sur ce fait au cours du récit de la bataille de Poitiers (voir plus haut).

Pour finir, les estimations de Froissart quant au nombre de victimes (à prendre avec précaution comme tous les chiffres des chroniques, surtout quand ils sont importants), ce sont les anglais qui les comptent, étant maître du terrain :

« Si dirent que onze chef de princes étoient demeurés sur la place, quatre vingt bannerets, douze cent chevaliers d’un écu, et environs trente mille hommes d’autres gens. »

A noter que la conséquence indirecte de cette bataille fût importante : Calais est assiégée dans la foulée, qui ne sera finalement pas secourue par Philippe dont les forces étaient saignées à blanc. Et Calais tombera après plusieurs mois dans l’escarcelle des Anglais pour plus de trois siècles !

Note : ceci est un copier/coller d'un post que J'AI écris autre part il y a quelques temps...
J'ai recopier de long passages d'un bouquin, mais je les ai choisis et j'apporte des commentaires pour qu'on puisse comprendre. J'informe également sur le contexte historique
Je ne suis pas un modèle mais c'est un exemple possible de ce que je m'attend à voir sur le forum.
vous n'êtes pas obligé de faire aussi long...même dix lignes amènent déjà quelque chose...
Je passerai aussi pour les fautes si au moins vous y mettez du votre
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Sherman007
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MessageSujet: Re: La guerre de cent ans: la bataille de Crécy en ponthieu   Jeu 7 Sep - 19:08

vraiment bien Smile
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MessageSujet: Re: La guerre de cent ans: la bataille de Crécy en ponthieu   Jeu 7 Sep - 20:51

Exelant!

Voilà Sherman comment tu dois faire!

Au faîtes merci pour tout ce que vous faîtes!

PS: T'as signature et vraiment grande Sherman ainsi qu'il y a une faute, «...1945, enfin la fin de la guerre après 6 ans de guerre...»

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Carlos
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MessageSujet: Re: La guerre de cent ans: la bataille de Crécy en ponthieu   Ven 8 Sep - 2:44

Merci...

Enfin, je ne pense pas que tout le monde dois "se casser le bonnet" à faire des trucs aussi longs

J'ai juste demandé pour les contriburtions que chacun y mette " un peu" du sien, même si c'est pas un chef d'oeuvre !

Bon a part ca, si vous voulez discuter de Crecy, de la guerre de cent ans, d'autres batailles du moyen age, vous êtes sur le bon post !

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MessageSujet: Re: La guerre de cent ans: la bataille de Crécy en ponthieu   

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